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Cent mille milliards de poèmes
Lorsqu'un jour exalté l'aède prosaïse
pour la mettre à sécher aux cornes des taureaux
la critique lucide aperçoit ce qu'il vise
il donne à la tribu des cris aux sens nouveaux
Et pourtant c'était lui le frère de feintise
les gauchos dans la plaine agitaient leurs drapeaux
le gourmet en salade avale sa cytise
elle effraie le Berry comme les Morvandiaux
Le poète inspiré n'est point un polyglotte
gratter le parchemin deviendra sa marotte
lorsqu'on boit du maté l'on devient argentin
L'Amérique du Sud séduit les équivoques
on transporte et le marbre et débris et défroques
si l'Europe le veut l'Europe ou son destin
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