Cent mille milliards de poèmes

Le vieux marin breton de tabac prit sa prise
lorsque le marbrier astique nos tombeaux
il se penche et alors à sa grande surprise
et fermentent de même et les cuirs et les peaux
Je me souviens encor de cette heure exeuquise
les gauchos dans la plaine agitaient leurs drapeaux
aller à la grande ville est bien une entreprise
quand les grêlons fin mars mitraillent les bateaux
Le brave a beau crier ah cré nom saperlotte
le lâche peut arguer de sa mine pâlotte
il voudra retrouver le germe adultérin
On regrette à la fin les agrestes bicoques
les Indes ont assez sans ça de pendeloques
l'écu de vair ou d'or ne dure qu'un matin


Raymond Queneau

Idea and implementation by Magnus Bodin 1997
Produced in the wonderful country of Sweden.