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Cent mille milliards de poèmes
Le vieux marin breton de tabac prit sa prise
pour la mettre à sécher aux cornes des taureaux
la critique lucide aperçoit ce qu'il vise
il ne trouve aussi sec qu'un sac de vieux fayots
Souvenez-vous amis de ces îles de Frise
où venaient par milliers s'échouer les harenceaux
nous avions aussi froids que nus sur la banquise
lorsque pour nous distraire y plantions nos tréteaux
Le généalogiste observe leur bouillotte
on gifle le marmot qui plonge sa menotte
le colonel s'éponge un blason dans la main
Enfin on vend de tout homards et salicoques
frère je t'absoudrai si tu m'emberlucoques
si la cloche se tait et son terlintintin
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