Cent mille milliards de poèmes

Le vieux marin breton de tabac prit sa prise
pour du fin fond du nez exciter les arceaux
la critique lucide aperçoit ce qu'il vise
il chantait tout de même oui mais il chantait faux
On vous fait devenir une orde marchandise
quand se carbonisait la fureur des châteaux
nous avions aussi froids que nus sur la banquise
lorsque pour nous distraire y plantions nos tréteaux
Le brave a beau crier ah cré nom saperlotte
le touriste à Florence ignoble charibotte
même s'il prend son sel au celte c'est son bien
Ne fallait pas si loin agiter ses breloques
on transporte et le marbre et débris et défroques
l'écu de vair ou d'or ne dure qu'un matin


Raymond Queneau

Idea and implementation by Magnus Bodin 1997
Produced in the wonderful country of Sweden.