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Cent mille milliards de poèmes
Le vieux marin breton de tabac prit sa prise
pour consommer un thé puis des petits gâteaux
sur la place un forain de feu se gargarise
il donne à la tribu des cris aux sens nouveaux
L'un et l'autre a raison non la foule insoumise
qui se plaît à flouer de pauvres provinciaux
nous regrettions un peu ce tas de marchandise
l'enfant pur aux yeux bleus aime les berlingots
Devant la boue urbaine on retrousse sa cotte
comme à Chandernagor le manant sent la crotte
lorsqu'on boit du maté l'on devient argentin
On a bu du pinard à toutes les époques
grignoter des bretzels distrait bien des colloques
la gémellité vraie accuse son destin
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