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Cent mille milliards de poèmes
Le vieux marin breton de tabac prit sa prise
pour déplaire au profane aussi bien qu'aux idiots
la critique lucide aperçoit ce qu'il vise
il donne à la tribu des cris aux sens nouveaux
L'un et l'autre a raison non la foule insoumise
le vulgaire s'entête à vouloir des vers beaux
un audacieux baron empoche toute accise
quand les grêlons fin mars mitraillent les bateaux
On sèche le poisson dorade ou molve lotte
comme à Chandernagor le manant sent la crotte
même s'il prend son sel au celte c'est son bien
L'Amérique du Sud séduit les équivoques
comptant tes abattis lecteur tu te disloques
la gémellité vraie accuse son destin
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