Cent mille milliards de poèmes

Le vieux marin breton de tabac prit sa prise
se faire il pourrait bien que ce soit des jumeaux
le chauffeur indigène attendait dans la brise
il donne à la tribu des cris aux sens nouveaux
Souvenez-vous amis de ces îles de Frise
quand se carbonisait la fureur des châteaux
nous avions aussi froids que nus sur la banquise
lorsque pour nous distraire y plantions nos tréteaux
La Grèce de Platon à coup sûr n'est point sotte
le chat fait un festin de têtes de linotte
lorsque Socrate mort passait pour un lutin
On regrette à la fin les agrestes bicoques
on transporte et le marbre et débris et défroques
toute chose pourtant doit avoir une fin


Raymond Queneau

Idea and implementation by Magnus Bodin 1997
Produced in the wonderful country of Sweden.